mazalda




Une nouvelle vision électro-maghrébine portée par Sofiane Saidi,
"Prince du Raï 2.0" (Radio Nova),
mêlant science orientale et urgence contemporaine,
avec le son vivant et foisonnant de Mazalda : synthétiseurs analogiques,
saz et cuivres nourris aux phrasés du mezoued, de la gasbah,
et une rythmique ultra-dansante articulée autour d'un drabki
venu des profondeurs du Raï.

"Plongée rock fiévreuse dans le raï des eighties, avec synthés en grande pompe, groove psychédélique, rythmes trépidants de mbalax sénégalais ou de transe gnaouie, et la voix grave, âpre et abrasive du chaleureux Sofiane Saidi."
Anne Berthod - Télérama


A new North-African electronic vision held by Sofiane Saidi, introduced as "the prince of raï 2.0" (radio nova). Blending oriental science and contemporary urgency with the vivid and colourfull sound of mazalda: analog synthesizers, saz and horns inspired by the mezoued phrasing, the gazbah and ultra danceable beats articulated around the typically raï drabki.

"A feverish dive into the raï of the eighties, with dramatic synthesizers and a furious groove inspired by the senegalese mbalax and the gnawa transe, topped by the gravelly and warm voice of Sofiane Saidi." Anne Berthod - Télérama

Sofiane Saidi : chant
Julien Lesuisse : saxophone alto, sax électronique, chant
Gilles Poizat : bugle
Stéphane Cézard : saz, guitare
Lucas Spirli : orgue, synthés
Adrien Spirli : synthé basse
Mohamed Ben Amar : derbouka, gallal
Yann Lemeunier : batterie, pads électroniques

La mort du Raï ? Sans blague ?

Il est trop heureux d'épouser les formes nouvelles, comme il l'a fait avec la funk, le chaâbi égyptien ou la musique de Bollywood tout en plongeant ses racines si profond dans la croûte terrestre oranaise, fécondée par les bédouins qui trafiquent du son de l'Ethiopie au Mali, par les réfugiés d'Al-Andalus dont les écoles de Nouba rayonnent toujours, la poésie des chioukh, le phaser des gasbas.

Sofiane Saidi est un rescapé de la vague World Music des années 90.
Ou plutôt un vainqueur comme on dit pour les navigateurs, un gars qui malgré les tempêtes et les escroqueries de l'armateur qui a menti sur la qualité du bois utilisé pour la coque du bateau, continue la traversée et arrive à bon port.
Il vient du fief des frères Zergui qu'il trace de mariage en mariage, le nez au vent de Sidi Bel Abbes pour savoir où ça joue, en se rapprochant chaque soir du podium pour écouter mieux et finalement prendre le micro.
A 15 ans, il chante dans les clubs mythiques d'Oran : les Andalouses, le Dauphin, où se produisent les stars Benchenet, Hasni, Fethi, Marsaoui.
Fuyant le FIS et la terreur en Algérie, Sofiane a 17 ans quand il arrive à Paris.
Après 2 ans de galère, sans chanter, sans musique, il retrouve le milieu raï des cabarets.
C'est le même qu'en Algérie : prostituées, musiciens, dealers, fêtards, travestis, escrocs, en plus dangereux, en moins naïf.
C'est aussi la diaspora intellectuelle et artistique qui se retrouve en France pendant qu'en Algérie, on tue Cheb Hasni, Rachid Baba Ahmed, Cheikh Zouaoui.
C'est l'époque de Didi qui cartonne dans le monde entier. De l'Oranais, le Raï a conquis la France, puis la planète.
Début 90 avec l'album Kutché, où Khaled, Martin Meissonier et Safy Boutella inventent un nouveau son pour la World Music, après le Made In USA de Mami, les concerts de Fadela et Sarhaoui aux Etats-Unis, le Raï bouillonne au coeur des nuits parisiennes.

Comment en quelques années, cette musique qui porte les rythmes et les chants algériens partout dans le monde, a-t-elle pu devenir un détail sans envergure de l'intégration maghrébine en France ?
L'intégration. Comme si on était des formes géométriques dans Tetris et qu'on arrivait un par un par le haut et qu'on devait à la fin former un tout bien compact, bien homogène en dessous.

En Europe, Sofiane mène sa voix, sa science et le tarab qu'il a apprivoisé, dans les milieux hypes, entre jazz et trip hop, d'une nouvelle génération qui fusionne les bons sons (Boyan Z, Smadj, Tim Whelan, Natacha Atlas).
Le tarab, c'est l'agitation des émotions vers l'extase, c'est l'ivresse, une alchimie de timbre, d'émotion, de nuance, de diction, de groove.
Qui a entendu Sofiane Saidi sait que sa voix mène au tarab.
A Sidi Bel Abbes, dans les groupes de la fin des années 70 les joueurs de oud et de violon côtoient les accordéons, les guitares électriques et les batteries. Venus du Hawzi, du Maalouf, de la musique égyptienne, ils apportent au Raï la science des maqams, le chemin des modes, des taksims, les improvisations dans le maqam, de l'istikhbar, la longue introduction à la chanson.
Sofiane, le fan d'Oum Kaltoum, des Musicals égyptiens, de Farid el Atrache, y puise souplesse et inspiration.
Son chant vient des profondeurs du chant oriental, où les dessins, les motifs, les arabesques miroitent à travers les mélodies, comme les feuilles de peupliers dans le vent et le soleil, l'air entre en vibration.
Comme dans la Soul, le chanteur de Raï se place dans le groove, en plein milieu, c'est son flow qui mène le groupe. Sofiane, au milieu du groupe, comme Cheikha Rimitti, comme James Brown, fait danser le tempo, la danse coule de son chant.

El Mordjane, le Corail, album électro-raï réalisé avec Tim Whelan de Transglobal Underground est le témoin de ces dix années parisiennes, les histoires d'amour, les nuits, les doutes. Les sons mènent en Algérie, en Egypte, à Londres, avec toujours, comme port d'attache la nuit à Paris.
La nuit, chez Sofiane, c'est la fête, la musique, la romance, l'errance.
Les Meddahates, aux origines du Raï, les femmes chanteuses qui adressent des confidences aux autres femmes dans les mariages traversent sa poésie. Comme Djenia, comme Rimitti, il continue de parler, de provoquer, de poser des questions aux tabous.
Ce qui l'intéresse, c'est le coeur des humains, c'est de là qu'il fait ses confidences, de la correspondance entre le coeur et le cosmos.
Sofiane trouve un rythme particulier à partir du moment où il chante ses textes. Une urgence, une respiration, une danse à lui.
Sa collaboration avec Acid Arab et Kenzi Bourras, sortie dans l'album « Musiques de France »chez Crammed Discs, donne El Hafla : la Fête.
Méga tube. Sofiane maitrise carrément le sujet.
La fête à Sidi Bel Abbes. A certaines heures, le soir, au petit matin, ce sont des files de voitures roulant au pas avec du raï à fond et des gars qui s'éclatent. A part le périph, il n'y a pas vraiment d'autre lieu pour boire entre amis.
Après on fonce à Oran, finir la nuit au cabaret.
Khaled chante : « l'ivresse du penseur, elle donne la chaire de poule ». C'est vrai qu'en Algérie, on a l'habitude de descendre très profond dans les choses, dans le monde, ça peut donner le vertige.
La fête à Paris. Chaque fois qu'il descend d'un nouvel uber Sofiane change de monde, car il en connecte plusieurs : les cabarets orientaux, les clubs, les bars, les afters en bord de Seine où il pose sa voix sur les Dj sets. Entre Barbès et la jeunesse fêtarde du 3ème millénaire.

Et finalement, Sofiane Saidi boucle la boucle, ferme la parenthèse où on se demandait ce qui était arrivé au Raï.
Mort ?
Sérieux ?
Comme Khaled dans les 90's avec son band magique, il débarque avec Mazalda, un groupe de 7 musiciens, avec une grosse section rythmique, des cuivres, des fous de musique et des fous de Raï, fans des sons bédui, gasbah gallal, des synthés psychés, de funk, d'électro version 2.0 c'est à dire la version humaine de ce que joueraient des machines. Un groupe qui peut voyager dans le monde et dans le temps pour porter à la musique algérienne des trésors de groove et de trip.

Sofiane Saidi, sorti vainqueur, c'est à dire vivant, des labyrinthes de la World Music, des tempêtes estampillées printemps arabes, sorti intact des machines à produire des clichés, spécialement quand on parle du Maghreb, prince du Raï 2.0, réénonce cette vérité imbattable : la fête, la musique, la profondeur, la proximité, la fraternité, la beauté immense et la magie de l'âme algérienne.

Julien Lesuisse



Raï is dead ? Seriously ?

It's different now of course, the sound already changed during the golden years blending with funk, Egyptian Chaâbi and Bollywood music while sinking deep roots in Oran's earth crust, impregnated by the Bedouins, smuggling Ethiopian and Malian sounds ; the refugees of the Al-Andalus still teach the nuba, the poetry of the chioukhs, the phasing effect of the gasbahs.

Sofiane Saidi is a survivor of the world music craze of the 90s.
Or more like : he's made it through, like a sailor against the storm, despite the shipowner lying about the quality of the hull, he sailed to port. He's from the stronghold of the Zergui brothers, whom he followed around, wedding after wedding, riding in the wind from Sidi Bel Abbes, finding where the gig is, getting each night closer to the podium, learning, and finally taking over the mic.
At age 15, he sings in the infamous clubs of Oran : Les Andalouses, le Dauphin where the big stars play : Benchenet, Hasni, Fethi, Marsaoui.
Escaping the F.I.S and the Algerian terror, Sofiane is 17 when he arrives in Paris.
After two years of hard times with no singing, no music, he finally gets acquainted with the Raï of the cabarets.
It's exactly like Algeria : prostitutes, musicians, dealers, party animals, transvestites, crooks, but more dangerous, more violent.
The intellectual and artistic diaspora also ends up in France while in Algeria, Cheb Hasni is murdered as well as Rachid Baba Ahmed and Cheikh Zouaoui.
At the same time, « Didi » becomes a major international hit. From Oran , Raï conquerred France and after that the rest of the world.
In the early 90s with the album « Kutché », Khaled, Martin Meissonnier and Safy Boutella find a new sound for World music, after Mami's U.S.A breakthrough, Fadela and Sahraoui's U.S tour, Raï becomes the new sound of the Parisian nights.

How on earth, within a few years, the music that carried Algerian rythms and songs everywhere in the world, could have become such a minor detail of the North African integration in France ?
Integration. As if people were geometrical forms in a Tetris game and if we arrived one by one by the top and fit in at the bottom.

In Europe, Sofiane has his voice, his science and the Tarab he adopted, somewhere between jazz and trip-hop, a new generation that uses the right sounds (Boyan Z, Smadj, Tim Whelan, Natacha Atlas). Tarab is the triggering of the emotions that lead to extasy, the exhilaration, an alchemy of timbres, emotions, nuances, diction and groove.
Sofiane's voice leads to Tarab. There is no doubt about it.
In Sidi Bel Abbès, the bands of the late 70s, played with oud and violin and also integrated accordions, electric guitars and drums. They also integrated the Hawzi style, the Maalouf, Egyptian music, they enriched the Raï with the science of maqams, the journey around the modes, the taksims, the improvisations in the maqam, the istikhbar, the long introduction to the song.
Sofiane is a fan of Oum Kaltoum, of Egyptian musicians, Farid el Atrache, he finds inspiration in their warm and soft aproach. His voice comes from the depths of oriental singing, where drawings, shapes, arabesques expand the melodies, like poplar leaves in the wind and sun, the air vibrates.
Like soul music, the Raï singer is in the beat, right in the middle, his flow leads the band. Sofiane, in the middle of the band, like Cheikha Rimitti, like James Brown, makes the beat dance, and the dance effect comes from his singing.

El Mordjane, « The Coral », the album he produced with Tim Whelan of Transglobal underground is a review of his 10 years in Paris, the love stories, the nights, the doubts. The sounds travel from Algeria, to Egypt, London, with always a bed in the night of Paris.
At night with Sofiane, it's party time, music, romance and wandering.
The Meddaha female singers who adress messages and recommendations to other women at  weddings are at the origins of Raï, famous frontwomen like Djenia, Rimitti are allways present in his music. He constantly discusses, questions taboos.
He's interested in the heart of humans, he speaks from there, from the thin line between the heart and the cosmos.
Sofiane has a particular groove when he sings. A certain urgency, a respiration, his own dance.

El Hafla, his collaboration with Acid Arab and Kenzi Bourras on the album « musiques de France » released by Crammed discs is an instant hit, « the party » is in fact his favourite subject. In Sidi Bel Abbes ; At certain hours at night and in the wee morning, lines of cars drive slowly, blasting raï and having fun. Except for the ring road, there is no real place to have a drink with your friends. After that you race to Oran, to end the night in a cabaret. Khaled sings : « the drunkness of the thinker gives the creeps ». It's true that in Algeria, we're used to going very deeply into things, in the world, it can give a sense of vertigo. Party in Paris. Everytime he comes out of a new Uber car, Sofiane changes worlds, because he connects so many of them : the oriental cabarets, the clubs, the bars, the after parties hanging out on the Seine banks where he emcees to other peoples DJ sets. Between Barbès and the partying youth of the third millenium.

Finally Sofiane Saidi closes the circle : whatever happened to Raï.
Dead ?
Seriously ?

Like Khaled in the 90s with his magic band, he shows up with Mazalda, a group of 7 musicians, with a large rythm section, horns, music fanatics, Raï fans, fans of the bedui sound, of  psychedelic synthesizers, of funk, of electronic music, the human version of it. A band that can fold space and time to blend Algerian music with the treasures of groove.

Sofiane Saidi is a winner because he came out alive from the labyrinth of World music, the tempests that we called Arab spring and out of the stereotypes, particularly about Maghreb. The prince of raï 2.0, speaks the truth again : party, music, meaningfulness, fraternity, immense beauty and the magic of the Algerian soul.

Julien Lesuisse

Le millénaire a changé sans qu'on s'inquiète...
On était trop occupé avec les premiers remous de la grande vague Exotica, qui submergerait la world music des années 90.
On était trop occupé à zoner avec les marocains qui vendent les K7 sur les marchés (une fois dans le Bugey, je lui ai acheté un gros lézard séché bourré d'encens et recousu qui a fait un écran de fumée au mauvais oeil quand je l'ai fait brûler), dans les grands magasins indiens et pakistanais (les CD et les films sous les saris du cosmos, fluos pleins de mini-miroirs), à découvrir Sublime Frequencies, plane de nuit à Bali, voyage radio en Algérie, à déchiffrer les affiches aux vitrines de la Guillotière pour connaître les prochains concerts des chanteurs kurdes, cambodgiens, algériens, turques, marocains dans les salles des fêtes des banlieues de Lyon.
On était trop occupé à découvrir, comme si on avait tapé dans un truc dur avec notre pelle et qu'on s'était rendu compte que c'était un trésor caché sous terre, qu'on vivait en France, c'est à dire en plein milieu des richesses du monde, des musiques et des langues.
C'est sûr, on avait quand même vu Harlem Desir en perfecto à la télé dans les années 80, et deux trois trucs comme ça, on savait qui était Khaled, mais pas beaucoup plus.
C'est comme si il y avait eu un voile sur tout ça, un voile qui sélectionne ce que tu vois, alors que c'est sous notre nez depuis toujours : les arabes, le Maghreb, la poésie, les arabesques, les motifs.
Oran a toujours été plus près que New York.
Une bonne partie du Raï s'est faite en France.
Ça nous a conduit à Sofiane Saidi. L'année des 30 ans du Raï. En réalité 30 ans après les grands concerts des chebas et des chebs à Paris organisés par Martin Meissonnier, Jack Lang , quand le raï est arrivé en France.
Ca faisait déjà un bon moment que l'ouest algérien trippait sur les K7 de Zergui, Khaled, Fadela, Sahraoui, Benchenet ...
Mais bon, il y a eu les 30 ans du Raï comme quand on inaugure les noms de rue après la bataille : «dans ce pays,  en 1986, est passé le Raï ».
Mais Sofiane Saidi vient de sortir El Mordjane: le Corail... un disque avec une histoire d'amour tout le long et cette voix grave, râpeuse, mêlant science orientale et urgence contemporaine qui nous fait traverser l'océan des doutes de la vie à la recherche du corail précieux.
Un disque qui donne envie de taguer l'épitaphe inscrite sur la plaque commémorative
«le Raï est en vie, les mecs, comme tous les volcans en activité, il entre en éruption quand il le sent».
"Pendant très longtemps, je n’ai rien trouvé d’intéressant. Et puis cette année je suis tombé sur Sofiane Saidi, un chanteur de Sidi Bel Abbès qui m’a emballé. Je retrouve chez lui la fraîcheur des cassettes d’antan. Il a travaillé avec Tim Wheelan, de Transglobal Underground, et la production est superbe. C’est indéniablement un artiste à suivre". Martin Meissonnier
“Sofiane Saidi: le ¨Prince du Raï 2.0” Radio Nova
Et on se dit: il n'y a pas eu un vrai groupe de raï depuis la dream team de Khaled.
Avec une grosse section rythmique et des cuivres. Un groupe qui puisse faire résonner les grooves mystiques des chioukh de l'Oranais, qui se souvienne des gasbahs et des gallals, et qui puisse aussi invoquer le funk et la soul qui avaient si durablement stupéfiés les chebs.
Un groupe qui puisse faire sonner une certaine electro, bassline au synthé roland et batterie trigguée, faire danser et vibrer en utilisant les sons d'aujourd'hui sans empoisonner les racines, en gardant les beats, les flûtes, le phrasé du mezoued, le son mystique du Nord de l'Afrique. La production d'El Ndjoum (notre premier single), par Sofyann Ben Youssef a soudé encore plus profondément le groove du band, et toute le vie qu'il dégage, à une nouvelle vision électro maghrébine, une drabki beat imbattable... l'épicentre de toute la Raï music.
On avait longtemps zoné dans les grands paysages de l'Exotica époque diggers, mais maintenant, pour récolter le corail, Sofiane Saidi et Mazalda, c'est comme un puit où il faut descendre de plus en plus profond,  jusqu'à la lave.

Julien Lesuisse



The millenium changed and we didn't mind much… We were way too deep into the big changes of the Exotica wave, wich overwhelmed the so-called world music in the 90s. We were to busy hanging out with Moroccans selling tapes on the market. (one time in the Bugey, I bought the guy a full dried lizard stuffed with incense and sewed back together. The fume screen it did when I lit it up, protected me from the evil eye). We hung out in the big Indian and Pakistanian stores where the Cds and the movies were buried under cosmic saris, fluorescent and full of mini-mirrors). We discovered  Sublime Frequencies and with their help we tripped in the night of Bali and across the radio-waves in Algeria. We tried to decipher the posters in the Guillotière district of Lyon to know where the Kurdish, Cambodian, Algerian, Turkish and Moroccan singers were performing in the suburban ballrooms of Lyon. We were also too busy discovering, like a shovel hitting on something hard and precious, that we were living in France, in the middle of all the wealth of the world, the music, the langages... Of course we had seen Harlem Désir sporting his leather jackets in the 80s and a few other things, we knew who Khaled was, but not much more. There's allways been some sort of veil over all this, a veil that hide what is right in your face and it's been there forever : the Arabs, the Maghreb, the poetry, the arabesks, the patterns. Oran has allways been closer than New York and a lot of Raï has been produced in France anyway.
That led us to Sofiane Saidi. In the year of the 30th anniversary of Raï, the anniversary of the great Paris concerts of the chebas and the chebs produced by Martin Meissonnier, with Jack Lang and when Raï hit France. Before that, west Algeria was allready going crazy for the tapes of Zergui, Khaled, Fadela, Sahraoui, Benchenet… The anniversary when on like a commemoration of a street after a war : « in this country, in 1986, Raï was there ». Anyways, Sofiane Saidi released El Mordjane : The Coral… A record with a love story going all along, that low end voice, gravelly, mixing oriental science and contemporary urgency that crossed oceans of doubts on life looking for a precious coral. A record that made us want to graffiti that memorial street with with « Raï is alive, people, like volcanoes sleeping and erupting when the time is right ».

« For a long while I didn't find anything interesting. And that year I came across Sofiane Saidi, a Sidi Bel Abbès singer that moved me. I find the freshness of the tapes of back in the days. He worked with Tim Wheelan of Transglobal underground and the production is great. It's definitely an artist I am looking out to ». Martin Meissonnier
« Sofiane Saidi : the prince of Raï 2.0 » Radio Nova

Then we thought : there has never been a true raï group since Khaled's dream team. With a big rythm section and horns. A band that could render the mystic grooves of the Oranese chioukhs, that pays hommage to the gasbahs and the gallals and that could blend it with soul and funk that the chebs like so much. A band that could have an electronic sound, a bassline, a Roland synth and triggered drums, that make you dance using the sounds of today without poisonning the well, keeping the beats, the flutes, the phrasing of the mezoued, the mystical sound of northern africa. The production of El Ndjoum (our first single), by Sofyann Ben Youssef really clicked together the band's groove, all the energy in it, a new vision of Maghrebian electronic music, an unbeatable drabki beat, the epicenter of all of the Raï music ; We had been wandering in the big spaces of exotica for record diggers, but now we must harvest the coral, Sofiane Saidi and Mazalda is like a well where you have to go down most deeply, to core where the lava burns.

Julien Lesuisse
Mazalda et Sofiane Saidi sont soutenus par Africolor, Bizarre!-Cultures Urbaines (Vénissieux), la Ferme du Buisson (Marne-la-Vallée), Château-Rouge (Annemasse), la Presqu'île-SMAC07, le Centre Culturel Charlie Chaplin (Vaulx-en-Velin) et le Centre des Musiques Traditionnelles Rhône-Alpes, et aidés par la DRAC Rhône-Alpes, la Région Rhône-Alpes, le Conseil Général de l'Isère, l'Adami et la Spedidam.